Le SILA 2016, parlons-en !

Publié le par BENJAMIN KOUADIO

Le Salon International du Livre d’Abidjan(SILA) est prévu se tenir du 26 au 29 mai 2016 au Palais de la Culture. Dixit L’ASSEDI, l’association des éditeurs de Côte d’Ivoire, organisatrice dudit évènement cette année. C’est à la faveur du lancement du Prix Ivoire que l’information a été donnée. Depuis, c’est le statu quo ! Silence radio sur toute la ligne. Des choses se préparent, certes. En secret. Mais le public a besoin de savoir. Il a besoin d’informations qui n'existent actuellement pas . Nous sommes à un mois et dix jours de cet important rendez-vous consacré au livre qui d’habitude se tient au mois de novembre. Une page sur Facebook ne serait-elle pas la bienvenue pour informer davantage le public en général sur cet évènement ?

Le constat à l’état actuel n’est guère encourageant. Comme d’habitude. Malheureusement. Point de panneau publicitaire dans les rues annonçant l’évènement. Point de spot-télé ni de radio. Point de dépliants ou flyers. On attendra deux ou trois semaines avant le salon pour commencer à placarder quelques affiches perdues dans le paysage d’autres évènements. A-t-on contacté et mobilisé les écoles d’Abidjan pour que les élèves viennent massivement à cette rencontre consacrée au livre ? Et celles de l’intérieur du pays qui sont les éternels oubliés? Car tout ne se limite pas à Abidjan. Pardi ! Cet évènement important n’est pas l’apanage des seuls abidjanais.

Les médias tels que TV5, France 24, Africa 24 et autres ont-ils été mis à contribution ? On ne le dira jamais assez, les auteurs ont besoin de visibilité. D'une bonne visibilité. Et les médias audiovisuels y contribuent énormément. Cela s’est fait en Guinée. Ce fut une réussite. Ne peut-on pas en faire de même ici ? Quelles sont les leçons tirées après les participations de la Côte d’Ivoire aux multiples salons du livre à travers le monde entier? Apparemment rien, au vu des résultats sur le terrain. Car de plus en plus d’éditeurs boudent le SILA. A cause du prix excessif des stands. Quand ailleurs, l’on se retrouve à plus de 5000 exposants, le salon d’ci se contente d'une vingtaine d’exposants à peine. Rien d’étonnant si le prix des stands prend une ascension vertigineuse d’un million de francs. Les éditeurs participants peuvent-ils espérer vendre assez de livres pour amortir cette somme et faire des bénéfices ? C’est loin d’être évident. La réalité voudrait donc que le coût des stands soit à portée de prix. Et faire une publicité agressive de proximité pour espérer avoir du monde.

Copions de façon intelligente ce qui se fait de mieux ailleurs (et qui leur réussit) et appliquons-le ici en Côte d’Ivoire. Pour que les choses avancent. On ne peut plus continuer à stagner, sclérosé dans la boue puante de notre amateurisme criard dans ce domaine. Il va falloir redorer le blason de cet important salon pour ramener ceux qui sont partis et capter l’attention de ceux qui observent et hésitent encore à s’engager dans cette aventure.

Ailleurs, ce sont des milliers d’exposants quand ici nous peinons à en mobiliser une vingtaine. Le mal est profond. Espérons que l’ASSEDI saura relever le défi de faire de ce salon un salon populaire et prestigieux qui draine du monde, un monde fou, fou et amoureux du livre.

Je rêve d’un tel SILA.

Réveillez-vous, organisateurs ! Le temps presse. Ne nous couvrez pas de honte ! Ne versez pas notre figure par terre. Pour utiliser cette expression imagée bien de chez nous. Nous sommes fatigués d’un salon qui est loin de combler toutes les attentes. Le miracle sera -t-il possible cette année avec les éditeurs comme organisateurs ? Gageons que cette édition sonne le renouveau du SILA. C’est notre vœu, notre souhait.

Cependant, à l'état actuel des choses, toutes les conditions sont-elles réunies pour sa tenue ? Est-on en droit de s'interroger. Si tel n’est pas le cas, il serait sage et réaliste d’envisager son report à une date ultérieure. Tout simplement. Et le remettre au goût du jour quand toutes les conditions de sa tenue seront réunies. On veut un salon nouveau. Comme l’on se targue à vouloir un ivoirien nouveau.

Le SILA 2016, c’est maintenant !

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